🎬 La Femme de mĂ©nage (2025) : fallait-il adapter le thriller de Freida McFadden au cinĂ©ma ?

12/26/20253 min temps de lecture

Adapter un best-seller est toujours un exercice dĂ©licat. La Femme de mĂ©nage, roman Ă  succĂšs de Freida McFadden, promettait un thriller domestique oppressant, fondĂ© sur la tension psychologique et le malaise progressif. Malheureusement, le film sorti en 2025 peine Ă  dĂ©passer le simple statut d’illustration filmĂ©e du livre.

1. Un casting inégal et peu marquant

Le premier problÚme du film réside dans son casting, globalement peu inspiré malgré des noms connus.

L’acteur incarnant Andrew Winchester (Brandon Sklenar), malgrĂ© un physique avantageux, n’est jamais rĂ©ellement iconisĂ© Ă  l’écran. Il manque de charisme, de prĂ©sence, de mystĂšre. LĂ  oĂč le personnage devrait imposer une aura inquiĂ©tante ou troublante, il reste Ă©tonnamment neutre.

L’actrice qui interprĂšte Nina Winchester (Amanda Seyfried) adopte un jeu excessif, basĂ© presque exclusivement sur les cris et les explosions de colĂšre pour signifier la folie de son personnage. Or cette approche frontale empĂȘche toute subtilitĂ©. La mise en scĂšne ne l’accompagne pas, et son rendu Ă  l’image ne la rend jamais vĂ©ritablement terrifiante. LĂ  oĂč le personnage devrait inquiĂ©ter par des silences, des regards ou une instabilitĂ© sourde, il devient bruyant, presque caricatural, ce qui attĂ©nue fortement l’impact psychologique.

Le personnage d’Enzo (Michele Morrone), pourtant prometteur en thĂ©orie, est l’un des plus problĂ©matiques de l’adaptation. TrĂšs peu prĂ©sent Ă  l’écran, il n’apporte ni tension ni enjeu dramatique. Son rĂŽle est vidĂ© de toute utilitĂ© narrative : il apparaĂźt, disparaĂźt, et ne sert finalement Ă  rien d’essentiel au rĂ©cit.

À l’inverse, Millie Calloway (Sydney Sweeney) est sans doute celle qui correspond le mieux Ă  l’esprit du roman. Elle colle assez fidĂšlement Ă  la narratrice du livre : une jeune femme Ă  la rĂ©flexion parfois naĂŻve, presque adolescente, avec cette vulnĂ©rabilitĂ© et cette fragilitĂ© intĂ©rieure, qui cachent une grande brutalitĂ©.

2. Un film sans prise de risque

Le film prend trĂšs peu de risques. Il repose presque entiĂšrement sur une histoire dĂ©jĂ  Ă©crite, se contentant d’en reprendre les grandes lignes avec quelques ajustements mineurs. PlutĂŽt que de proposer une vĂ©ritable relecture cinĂ©matographique, il se contente d’imager l’histoire, comme un immense rĂ©sumĂ© vidĂ©o du roman.

RĂ©sultat : une succession de scĂšnes qui s’enchaĂźnent sans jamais prendre le temps de s’installer, de respirer, ni de toucher rĂ©ellement le spectateur. La peur ne s’installe pas, le stress reste timide, et l’angoisse annoncĂ©e n’émerge jamais. On se surprend parfois Ă  sourire — non pas par tension maĂźtrisĂ©e, mais face Ă  certaines situations absurdes qui brisent l’immersion.

3. Une mise en scĂšne plate et sans ambition

La photographie, le montage et les choix de plans restent extrĂȘmement simples. Le huis clos, pourtant propice Ă  une montĂ©e en tension, n’est jamais exploitĂ© Ă  son plein potentiel. La maison Winchester, censĂ©e ĂȘtre un personnage Ă  part entiĂšre, ne grandit jamais Ă  l’écran.

Le budget annoncĂ© ne se ressent Ă  aucun moment. Rien dans la mise en scĂšne ne justifie un tel investissement : ni l’esthĂ©tique, ni l’ambiance, ni le travail sur la lumiĂšre ou le cadre.

4. Le livre reste largement supérieur

MalgrĂ© une Ă©criture simple et accessible, le roman de Freida McFadden reste bien plus efficace que son adaptation. Le livre parvient Ă  crĂ©er un malaise progressif, Ă  maintenir le doute, Ă  jouer avec la perception du lecteur. Le film, lui, ne fait que mettre en images ce que le texte suggĂšre, sans jamais en retrouver l’impact Ă©motionnel.

5. Un film qui plaira
 malgré tout

Il serait malhonnĂȘte de dire que le film ne fonctionnera pas auprĂšs du grand public. Beaucoup de spectateurs ressortiront en se disant : « J’ai passĂ© un bon moment. » Le scĂ©nario suffit Ă  maintenir un certain intĂ©rĂȘt, surtout pour ceux qui dĂ©couvrent l’histoire pour la premiĂšre fois.

Mais ce plaisir immĂ©diat masque une rĂ©alitĂ© plus dĂ©rangeante : La Femme de mĂ©nage (2025) est une adaptation bas de gamme, qui se contente d’exister sans vĂ©ritable vision ni ambition cinĂ©matographique.

Verdict

Une adaptation fade, sans audace ni subtilité, qui illustre un thriller efficace sans jamais en exploiter la profondeur psychologique.
👉 À lire plutît qu’à voir.