L’Avare de Molière : résumé détaillé acte par acte et analyse complète de la comédie

1/17/20264 min temps de lecture

Acte I – Une famille dominée par l’avarice

L’acte I expose la situation initiale et les principaux conflits.

La pièce s’ouvre sur Élise et Valère, qui s’aiment en secret. Élise craint la réaction de son père, Harpagon, connu pour son caractère dur et autoritaire. Valère rappelle qu’il a sauvé Élise d’un accident et que, grâce à cela, il est entré au service d’Harpagon comme intendant afin de rester près d’elle. Il explique qu’avec un homme comme Harpagon, il faut dissimuler ses sentiments et flatter ses opinions pour éviter les conflits.

Cléante, le frère d’Élise, confie à sa sœur qu’il est amoureux de Mariane, une jeune femme pauvre mais vertueuse. Il souffre du manque d’argent, car son père refuse de l’aider financièrement. Cléante se montre respectueux de l’autorité paternelle, mais son discours révèle une profonde frustration.

Lorsque Harpagon apparaît, son avarice se manifeste immédiatement. Soupçonneux et agressif, il accuse La Flèche, valet de Cléante, de vouloir le voler, le fouille et le chasse de la maison. Resté seul, Harpagon parle de son argent, de sa peur constante d’être volé, et laisse échapper qu’il a dix mille écus enterrés dans son jardin.

Harpagon annonce ensuite ses projets de mariage :

  • Élise doit épouser Anselme, un homme riche qui accepte de la prendre sans dot ;

  • Cléante doit épouser une veuve fortunée ;

  • Harpagon lui-même projette d’épouser Mariane, la femme aimée par son fils.

L’acte I s’achève sur cette situation conflictuelle : l’argent gouverne la famille, et le père devient le rival de ses propres enfants.

Acte II – L’argent contre l’amour

Dans l’acte II, l’opposition entre l’amour et l’argent s’intensifie.

Cléante, désespéré, cherche à emprunter de l’argent pour aider Mariane et sa mère. Il passe par Maître Simon, un courtier, et accepte des conditions très dures. Il ignore que le prêteur n’est autre que son père, Harpagon, qui agit comme un véritable usurier.

Lorsque Harpagon et Cléante découvrent la vérité, une violente dispute éclate. Harpagon reproche à son fils son immoralité et ses dettes, tandis que Cléante dénonce la cruauté d’un père prêt à exploiter son propre enfant. Harpagon se montre plus soucieux de son argent que du bonheur de son fils.

L’acte introduit également Frosine, une entremetteuse chargée de favoriser le mariage entre Harpagon et Mariane. Rusée, elle flatte Harpagon en lui présentant Mariane comme une femme simple, peu dépensière et parfaitement adaptée à son mode de vie. Harpagon se laisse convaincre, mais ne cesse d’interrompre la conversation pour aller vérifier son argent.

Cet acte montre clairement qu’Harpagon a remplacé son rôle de père par celui de créancier.

Acte III – La comédie du paraître

L’acte III est centré sur la réception organisée par Harpagon pour accueillir Mariane.

Harpagon multiplie les ordres contradictoires : il veut paraître généreux tout en dépensant le moins possible. La scène avec Maître Jacques, à la fois cuisinier et cocher, souligne l’absurdité de cette logique : Harpagon exige un bon repas sans accepter d’en payer le prix.

Lorsque Mariane arrive, accompagnée de sa mère malade, Harpagon tente de la séduire maladroitement, en mettant en avant sa prudence et sa raison. L’arrivée de Cléante crée un profond malaise : Mariane reconnaît immédiatement l’homme qu’elle aime.

S’ensuivent des échanges à double sens entre Cléante et Mariane. Leurs paroles peuvent être interprétées de deux manières : ils se comprennent, mais Harpagon croit à une conversation polie et respectueuse.

La célèbre scène de la bague marque le sommet du comique : Cléante pousse Mariane à accepter un bijou en faisant croire qu’il vient d’Harpagon. Ce dernier, furieux à l’idée de donner, est piégé par les apparences et doit se taire pour ne pas perdre la face.

L’acte III met en lumière le ridicule d’Harpagon et son incapacité à donner, même symboliquement.

Acte IV – Le vol de la cassette

Dans l’acte IV, la tension atteint son point culminant.

Harpagon soupçonne Cléante et Mariane d’entretenir une relation secrète après avoir surpris un geste tendre entre eux. Les disputes se multiplient. Harpagon tente de faire arbitrer le conflit par Maître Jacques, mais la scène tourne au burlesque : chacun obtient raison selon la version qu’il raconte.

L’événement central survient lorsque La Flèche vole la cassette d’Harpagon dans le jardin. Peu après, Harpagon découvre le vol. Sa réaction est violente et excessive : il crie au voleur, accuse tout le monde, parle de meurtre et de mort, et perd tout sens de la mesure.

Cette scène célèbre montre qu’Harpagon est entièrement défini par son argent. Privé de sa cassette, il est comme privé de son identité.

Acte V – Un dénouement sans conversion morale

L’acte V s’ouvre sur une enquête absurde menée par un commissaire. Harpagon soupçonne tout le monde. Les quiproquos se multiplient, notamment lorsque Valère est accusé du vol et avoue, croyant qu’on lui reproche son amour pour Élise.

La situation se dénoue grâce à Anselme, qui révèle être le père de Valère et de Mariane, séparés de lui lors d’un naufrage ancien. Cette reconnaissance rend possibles les mariages : Élise peut épouser Valère, et Cléante Mariane. Anselme accepte de financer les unions.

Le dénouement final concerne l’argent : Cléante propose un marché à son père. En échange de son accord pour le mariage avec Mariane, Harpagon récupérera sa cassette. Harpagon accepte immédiatement, à la seule condition que rien ne manque.

La pièce se termine ainsi : les jeunes sont heureux, Anselme se montre généreux, et Harpagon, lui, reste inchangé, enfermé dans son avarice avec sa cassette.