Nouveaux programmes de français : qu’est-ce qu’un « projet d’apprentissage » ?

8/2/20263 min temps de lecture

Les nouveaux programmes de français du cycle 4, publiés au Bulletin officiel du 5 mars 2026, entrent progressivement en application : en 5e à la rentrée 2026, en 4e en 2027, puis en 3e en 2028. Parmi les expressions qui suscitent le plus d’interrogations figure celle de « projet d’apprentissage ».

Faut-il désormais terminer chaque séquence par un spectacle, un podcast ou une exposition ? Pas nécessairement.

Qu’est-ce qu’un projet d’apprentissage ?

Dans les programmes, le projet d’apprentissage correspond avant tout à une progression pédagogique cohérente, organisée autour :

  • d’une problématique ;

  • d’une œuvre intégrale ou d’un groupement de textes ;

  • d’objectifs précis ;

  • de compétences en lecture, écriture, oral, vocabulaire et étude de la langue ;

  • d’activités permettant aux élèves de construire progressivement ces compétences.

Le texte officiel indique ainsi que chaque entrée littéraire est étudiée dans le cadre d’un ou plusieurs projets d’apprentissage « organisés autour d’une problématique » et de textes littéraires.

Autrement dit, le projet d’apprentissage correspond assez largement à ce que de nombreux enseignants appellent déjà une séquence. La différence réside surtout dans l’importance donnée à la cohérence entre la problématique, les compétences choisies, les activités et l’évaluation.

Faut-il tout travailler dans chaque projet ?

Non. Les nouveaux programmes invitent au contraire les professeurs à distinguer des compétences majeures et des compétences mineures.

Une séquence ne peut pas approfondir de la même façon la lecture, l’écriture, l’oral, la grammaire et le vocabulaire. Il faut donc choisir quelques objectifs prioritaires, puis veiller à équilibrer l’ensemble des compétences au cours de l’année.

Par exemple, une séquence sur une pièce de théâtre peut accorder une place majeure à l’interprétation des scènes et à l’expression orale, tout en poursuivant un travail plus ponctuel sur le vocabulaire théâtral et la langue.

Un projet final est-il obligatoire ?

Le programme n’impose pas qu’un projet d’apprentissage se termine systématiquement par une grande réalisation spectaculaire.

Une production concrète peut néanmoins donner du sens aux activités menées pendant la séquence. Selon les objectifs retenus, les élèves peuvent notamment :

  • participer à un débat interprétatif ;

  • présenter un exposé ;

  • effectuer une recherche documentaire ;

  • lire ou jouer une scène ;

  • réaliser une présentation orale ;

  • produire un récit, un dialogue, un poème ou un texte argumentatif.

Ces réalisations ne constituent pas une fin en soi : elles permettent aux élèves de mobiliser les connaissances et les compétences travaillées.

L’écriture occupe d’ailleurs une place importante dans les nouveaux programmes. En 5e, l’élève doit écrire au moins un texte au cours de chaque projet d’apprentissage. Les ressources d’accompagnement précisent cependant que toutes les activités d’écriture ne doivent pas nécessairement aboutir à un texte parfaitement achevé ou à une correction intégrale du professeur.

Peut-on conserver un contrôle final écrit ?

Oui. Le projet d’apprentissage ne remplace pas l’évaluation.

Un débat, un exposé ou un sujet d’écriture peuvent permettre d’évaluer certaines compétences, mais ils peuvent parfaitement être complétés par un contrôle final écrit. Celui-ci peut vérifier la compréhension des textes, les connaissances littéraires, le vocabulaire, la maîtrise de la langue et la capacité à interpréter un extrait.

L’essentiel est que l’évaluation corresponde aux apprentissages réellement menés pendant la séquence.

Un exemple concret avec Les Fourberies de Scapin

Une séquence consacrée à la comédie de Molière pourrait être construite ainsi :

Problématique : Comment la ruse permet-elle de faire rire et de renverser les rapports de force ?

Compétences majeures : comprendre les procédés du comique, interpréter une scène et écrire un dialogue théâtral.

Activités : étude de plusieurs scènes, découverte du vocabulaire du théâtre, analyse des formes de comique, exercices de langue et entraînements à l’écriture.

Réalisation possible : écrire ou jouer une courte scène fondée sur une ruse.

Évaluation : un contrôle final écrit portant sur un extrait de la pièce, les notions étudiées et les compétences d’analyse.

Le projet final éventuel s’intègre donc dans une progression plus large : il ne résume pas, à lui seul, l’ensemble du projet d’apprentissage.

Des séquences prêtes à l’emploi pour les nouveaux programmes

Pour accompagner la mise en œuvre des nouveaux programmes, je propose sur mon site des séquences complètes et directement utilisables.

Elles sont organisées autour d’une problématique et d’objectifs d’apprentissage précis. Elles comprennent des études de textes, des activités de vocabulaire et de langue, des sujets d’écriture, des activités orales ainsi que différents projets : débats, exposés, recherches ou présentations.

Chaque séquence comporte également un contrôle final écrit, accompagné de sa correction et de son barème.

Parmi les séquences disponibles pour la classe de 5e, vous pouvez notamment retrouver des ressources consacrées aux Fourberies de Scapin, aux héroïnes à travers les époques ou encore au Comte de Monte-Cristo.

Des ressources créées par un prof, testées en classe, prêtes à l’emploi.

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